Des personnages seuls, des couples minuscules, silhouettes dérisoires perdues dans l’immensité d’un paysage – naturel ou urbain. Un pont à Porto, une plage espagnole, un coin de désert en Egypte, la langue d’un glacier valaisan…

Photographies picturales ou peintures photographiques? Plongé dans ces objets hybrides, l’oeil hésite, oscille doucement entre réalité et fiction, mélancolie et contemplation. Le processus de création est déclenché par une attention à soi et au monde. Dans cette série, tout commence par un déplacement, un voyage, une escapade. Des scènes vues ou des moments vécus qu’il s’agirait de figer pour les soustraire à la fugacité du temps.

L’instant capturé est sublimé à l’aide de pinceaux numériques. Les lumières sont renforcées, les matières prennent de la profondeur, l’abstraction n’est pas loin et l’histoire peut débuter, n’importe quelle histoire. L’image restituée, imprimée sur aluminium, varie par réflection avec l’éclairage, en fonction des heures de la journée ou du temps qu’il fait, de la même manière que le ferait un payage réel.

texte: Joëlle Fabre (24heures)